La politique des États-Unis relative à l’Afrique, par Mary C. “Molly” Phee


Je tiens à vous remercier tous pour votre accueil chaleureux ici. Je vis depuis longtemps dans ce quartier, de sorte que j’ai arpenté les rues autour de l’Université Howard, mais je n’ai jamais eu l’occasion d’entrer et de voir le bâtiment, alors merci. Les locaux sont impressionnants, mais c’est l’esprit des gens qui sont venus ici et qui sont ici qui est si encourageant et accueillant. Alors, merci de m’avoir invitée ici aujourd’hui. Je tiens également à vous remercier, Dr Johnson, Monsieur le prévôt, Dr Camara, pour ces présentations intéressantes et informatives. J’ai beaucoup appris en vous écoutant, et j’espère que les étudiants qui sont ici avec nous en personne et virtuellement ont également apprécié ces discussions.

Aujourd’hui, je suis vraiment ravie à la perspective de ces échanges avec vous dans le cadre de notre réflexion sur l’avenir de la politique américano-africaine. Je suis bien sûr très heureuse de venir à l’Université Howard si tôt dans mon mandat et ma mission, car Howard est vraiment l’un des joyaux de la capitale. Le Centre d’études africaines et le département des Études africaines de Howard sont, comme nous l’avons vu, parmi les meilleurs du pays. Et le personnel du département d’État et moi-même avons longtemps admiré votre tradition de débat et de dialogue, et l’érudition des étudiants et des professeurs de Howard. Et je pense que beaucoup d’entre vous savent que les anciens élèves de Howard jouent un rôle important dans la politique étrangère des États-Unis au sein du gouvernement américain. Et j’espère, comme l’a dit le prévôt, que ma présence ici aujourd’hui encouragera certains diplômés d’Howard à envisager une carrière au département d’État, et je serais ravie d’en parler.

Comme on l’a également dit, le mois dernier, j’ai accompagné le secrétaire Blinken lors de son premier voyage sur le continent en tant que secrétaire d’État. Nous nous sommes rendus au Kenya, au Sénégal et au Nigeria. Et lorsque le secrétaire était à Abuja, vous avez peut-être vu le discours qu’il a prononcé au siège de la CEDEAO. La CEDEAO est un groupe de 15 pays d’Afrique de l’Ouest qui se consacre à l’étude et la résolution des défis politiques et économiques en Afrique de l’Ouest. Dans son discours, le secrétaire Blinken a présenté un principe qui définit la nouvelle approche de l’administration Biden-Harris à l’égard de la politique américaine en Afrique. Simplement et directement, il a reconnu que les États-Unis ne peuvent plus espérer faire avancer nos priorités mondiales en matière de politique étrangère sans le partenariat des gouvernements, des institutions et des peuples africains. Il a dit, et je cite : « L’Afrique façonnera l’avenir, et pas seulement l’avenir des Africains, mais celui du monde ».

Il s’agit d’une proposition prometteuse, et c’est ma responsabilité, en partenariat avec mon équipe extraordinaire du département d’État et l’ensemble du gouvernement américain, d’essayer de faire en sorte que la politique américaine relève ce défi. Dans mon allocution de ce matin, j’aimerais parler de l’importance de ce qui se passe en Afrique pour les États-Unis et de l’impact de ce que nous faisons ensemble sur notre paix et notre prospérité communes. Je me concentrerai sur des activités dans cinq secteurs.

D’abord, la santé. Chez nous et en Afrique, l’un de nos défis communs les plus urgents est de mettre fin à la pandémie de COVID-19 et de renforcer la sécurité sanitaire afin d’être mieux préparés à répondre aux futures épidémies. L’Union africaine et le CDC Afrique ont assumé un rôle de leader mondial pour mettre au point un plan complet d’achat et de distribution de vaccins contre la COVID-19 sur l’ensemble du continent. Pour faciliter sa mise en œuvre, les États-Unis ont envoyé plus de 90 millions de doses à 48 pays africains, ainsi que plus de 1,8 milliard de dollars d’aide à la lutte contre la COVID-19 pour prévenir la transmission du virus, améliorer la gestion des cas et distribuer de la nourriture d’urgence et une aide humanitaire.

Mais nous partageons l’objectif des Africains qui souhaitent passer du statut de destinataire de vaccins à celui de pôle de fabrication. C’est pourquoi, par l’intermédiaire de la Société de financement du développement international (la DFC), les États-Unis facilitent désormais les efforts de l’Afrique du Sud et du Sénégal pour produire le premier vaccin contre la COVID-19 fait en Afrique. Nous sommes impatients de voir ces pays et d’autres devenir des pôles pharmaceutiques prospères.

La récente épidémie du variant Omicron met en évidence l’importance de ce qui a été fait jusqu’à présent, mais c’est loin d’être suffisant. Nous avons tous bénéficié de l’identification et du signalement rapides du nouveau variant par les scientifiques sud-africains. Leur travail et leur transparence sont un modèle pour le monde. Par souci de prudence, le gouvernement américain a imposé des restrictions aux voyages temporaires par pays pour gagner du temps et procéder à un examen scientifique de la gravité et de la propagation du variant Omicron. Nous avons conscience du fait que ces restrictions causent de réelles difficultés aux personnes en Afrique du Sud et dans les pays voisins, et attendons avec impatience un ajustement rapide de nos politiques en matière de voyage. Nous apprenons de cette pandémie. Nous savons que les virus ne respectent pas les frontières et que la seule solution à long terme est de vacciner les gens partout dans le monde. Nous continuerons à travailler avec nos partenaires africains jusqu’à ce que nous puissions mettre un terme à cette pandémie et améliorer la collaboration entre nos systèmes de santé.

Deuxièmement, l’économie. La pandémie de COVID-19 n’est pas seulement une crise sanitaire ; elle est à l’origine d’une crise économique ici et à l’étranger. De nombreux pays africains ont connu leur pire ralentissement économique en plus de 25 ans en raison de la pandémie. Même si la croissance du PIB pour l’ensemble du continent devrait atteindre 3,7 % pour l’année à venir, nous continuerons à chercher des moyens de favoriser la reprise économique de l’Afrique. Les États-Unis soutiennent par exemple la décision de suspendre la dette de 32 pays africains.

Après son voyage dans la région et à l’écoute des priorités de nos partenaires, le secrétaire Blinken nous a chargés de renforcer notre diplomatie commerciale afin que les entreprises américaines et africaines, petites et grandes, fassent davantage d’affaires ensemble, dans tous les secteurs. Il nous a exhortés à intensifier nos efforts pour combler le déficit d’infrastructure qui freine de nombreuses économies africaines en mobilisant des capitaux d’investissement étrangers par le biais de la Société de financement du développement international, de la Millennium Challenge Corporation et du secteur privé américain. Nous travaillons également à élargir les opportunités pour les petites et moyennes entreprises, les entreprises appartenant à des femmes et les investissements de la diaspora.

Cette semaine, le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine est en visite à Washington pour la première fois. L’Afrique devrait devenir le cinquième plus grand bloc commercial au monde, et nous voulons être son partenaire privilégié. Je tiens à souligner que nous n’entendons pas limiter les échanges africains avec d’autres pays. Notre objectif est d’offrir de meilleures offres qui mettent en évidence les avantages concurrentiels de l’Amérique et nos valeurs, et des offres qui créent de nouvelles opportunités pour les entreprises américaines. L’expansion de la puissance économique de l’Afrique est dans l’intérêt des Africains comme des Américains. Nous devons également penser à la place des jeunes Africains dans la population active mondiale de l’avenir.

Troisièmement, l’environnement. La réponse à la crise climatique est un autre défi commun. Nous comprenons que l’impact catastrophique de la crise climatique n’est pas un concept abstrait en Afrique mais une réalité physique qui affecte les vies et les moyens de subsistance dès maintenant. La déforestation, la sécheresse, l’insécurité alimentaire et l’élévation du niveau de la mer ne sont que quelques-uns des effets de la crise climatique que l’Afrique subit alors qu’elle n’a pas grand-chose à voir avec sa cause. Ces phénomènes affectent à leur tour la vitalité de l’air, de l’eau et des écosystèmes de la Terre.

Nous entendons travailler avec l’Union africaine, les gouvernements africains et les sociétés africaines pour financer des projets d’adaptation au climat afin d’aider les Africains à faire face à ces dangers, en aidant les personnes directement menacées sur le continent ainsi que ceux d’entre nous qui sont touchés indirectement. Pour réduire les émissions, nous continuerons à promouvoir les énergies renouvelables et ce que l’on appelle les technologies vertes. Nous sommes fiers du programme Power Africa, qui a permis l’accès à l’électricité pour plus de 88 millions de personnes en Afrique depuis son lancement en 2013, 80 % de cette production d’électricité reposant sur les énergies renouvelables.

Quatrièmement, le conflit. Les États-Unis jouent un rôle important dans la promotion de la paix et de la stabilité en Afrique. Nous reconnaissons que des millions d’Africains sont quotidiennement aux prises avec une insécurité croissante, causée par la criminalité, l’extrémisme violent et les conflits armés internes. Nous nous engageons diplomatiquement avec les dirigeants et institutions africains, régionaux et internationaux pour réduire ou mettre fin aux conflits dans des pays africains tels que l’Éthiopie, le Soudan, la Somalie, le Mozambique, le Cameroun et le Mali, car la violence y dépossède les Africains de leur avenir. Ces conflits ont donné lieu à de terribles atrocités telles que le viol collectif et le ciblage ethnique, et à des catastrophes humanitaires telles que le retard de croissance des enfants dû à la malnutrition et le déplacement forcé de millions de personnes. Ces conflits retardent le développement et alimentent les cycles de griefs qui perpétuent l’insécurité.

Nous apportons également une assistance pour professionnaliser les forces de sécurité africaines afin qu’elles puissent mieux protéger leurs citoyens, sécuriser leurs frontières et coopérer avec leurs voisins pour lutter contre les menaces communes. Lorsque nous fournissons à nos partenaires africains une formation et des équipements, nous soulignons la nécessité d’actions concrètes pour veiller au respect des normes en matière de droits de l’homme et garantir la responsabilisation des coupables de violations.

Nous sommes conscients des causes profondes des conflits, telles que la marginalisation, l’exclusion et le manque d’opportunités économiques. Pour y faire face, nous travaillons en partenariat avec les gouvernements africains, le secteur privé et la société civile pour promouvoir la bonne gouvernance et élargir les opportunités économiques, en particulier pour les jeunes, les femmes et les populations minoritaires. L’absence de paix et de prospérité entraîne une migration déstabilisatrice vers les pays et régions voisins.

Tous ces secteurs (sécurité sanitaire, croissance économique, durabilité climatique, paix et stabilité) dépendent de la démocratie. La semaine dernière, l’administration Biden-Harris a organisé un Sommet mondial pour la démocratie. Nous ne l’avons pas fait parce que nous pensons que notre démocratie est parfaite. Nous savons qu’il y a du travail à faire chez nous et à l’étranger et nous voulions consulter d’autres démocraties sur les moyens de revitaliser et d’élargir des systèmes politiques inclusifs, responsables et équitables qui libèrent le potentiel et favorisent la prospérité de leurs citoyens. Comme l’a dit le président Biden : « La démocratie n’arrive pas par accident. Nous devons la défendre, lutter pour elle, la renforcer, la revitaliser. »

Il s’agit d’un combat commun. Cette année en Afrique, par exemple, nous avons été témoins du courage et de la détermination des civils soudanais qui ont résisté aux pressions militaires, et de l’engagement indéfectible du peuple zambien qui a refusé de permettre l’imposition de restrictions gouvernementales généralisées à l’opposition, à la presse et à la liberté d’assemblée nuisant à la crédibilité de son élection présidentielle.

Pour promouvoir la démocratie, le président Biden nous a chargés de lutter contre la corruption. Au cours de sa vie de service public, il a acquis la conviction que la confiance dans la gouvernance s’érode lorsque les dirigeants détournent des biens publics, se livrent à des actes de corruption ou affaiblissent l’État de droit. Nous travaillons actuellement pour identifier la meilleure façon d’utiliser les outils du gouvernement des États-Unis au service des politiques et pratiques de lutte contre la corruption.

En outre, l’administration Biden-Harris entend réaffirmer l’importance des droits humains au sein de notre politique étrangère. Nous souscrivons à ces principes, et savons que les États-Unis sont également aux prises avec ces défis, en particulier l’intolérance. Nous n’avons pas toutes les réponses mais nous nous efforçons de trouver des solutions avec nos partenaires africains et d’autres amis dans le monde entier.

J’aimerais terminer en admettant qu’il m’est parfois difficile de parler de la politique américaine relative à Afrique. Le continent est si vaste et diversifié ; l’histoire, les traditions et les peuples sont si complexes ; les innombrables défis et opportunités sont à la fois exaltants et accablants. Les cinq secteurs que j’ai décrits aujourd’hui représentent une façon d’organiser nos actions et notre engagement.

Il est aussi possible de se concentrer sur les personnes, en particulier les jeunes, les femmes, la société civile, les entrepreneurs, les chefs traditionnels et religieux, les universitaires et les journalistes, les artistes et les militants. Alors que les Africains se battent pour la sécurité, exigent la liberté politique et des opportunités économiques, nous entendons être un partenaire précieux dans leur lutte sur la voie du succès.

De mon point de vue, ce qui est nouveau dans notre approche de l’Afrique, c’est la reconnaissance — on pourrait dire une reconnaissance tardive — de la valeur stratégique pour les États-Unis de la puissance politique, économique et culturelle des pays et des peuples africains. Comme l’a déclaré le secrétaire Blinken le mois dernier, les États-Unis pensent qu’il est temps de cesser de traiter les Africains comme un sujet de géopolitique et de commencer à les traiter comme les principaux acteurs géopolitiques qu’ils sont devenus.

Merci beaucoup d’être ici. J’attends avec impatience que vous me fassiez part de vos réflexions et c’est avec plaisir que je répondrai à vos questions.

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