Professionnel de la communication, conseiller en veille stratégique, rédacteur en chef de la plateforme Capital, concepteur du projet Libération Moris, militant syndical et citoyen engagé, on le croise sur tous les fronts. « Emmerdeur » selon certains, « Intrépide » pour d’autres. Là où il passe, il conteste les aberrations et dérange surtout le pouvoir. Rencontre d’un autre type avec Rajen Valayden.
Sindy Mooneesawmy et Marie Charlotte
Quel est votre constat de la manifestation du 11 juillet dernier, pour dénoncer la réforme des pensions ?
Cette manifestation est à l’initiative des syndicats regroupés au sein du « Platform Commun » et cet évènement a aussi vu la participation de plusieurs organisations citoyennes. Bien que les médias se focalisent sur la réforme des pensions, il faut être claire, notre combat c’est contre les attaques systématique ayant pour but, le démantèlement de l’Etat providence. Nous souhaitons le maintien des acquis ainsi que l’enrichissement de ce patrimoine pour le bien être des générations futures. En ce qui concerne l’affluence, nous sommes amplement satisfaits de la participation du peuple mauricien. Certes il y eu des tentatives de sabotage par ceux au pouvoir ou encore des récupérations par les membres de l’opposition. Malgré les tactiques fascistes déployés par les deux camps, c’est la voix du peuple qui a retentit dans la capitale. Et c’est loin d’être fini !
Que pensez- vous du deuxième budget de Navin Ramgoolam ?
D’abord permettez-moi d’apporter une précision. Ce budget, c’est le dix-septième de Navin Ramgoolam car on oublie trop facilement qu’il a été premier ministre pendant 16 ans et il porte l’entière responsabilité des décisions prises durant chaque mandat. Le deuxième budget consécutif de Navin Ramgoolam en tant que Grand Argentier se situe dans une suite logique de continuité. Hormis quelques mesures et des slogans qui lui confèrent un air de socialiste, il reste déterminé à accomplir sa vision, elle-même grandement influencée par la « Blonde d’Albion ». Une orientation, à mes yeux, qui relève de la folie politique et qui risque, à terme, de nous anéantir.
« Blonde d’Albion » expliquez- vous ?
N’en déplaise aux détracteurs de Navin Ramgoolam, je ne fais nullement allusion à une quelconque escapade sur la côte ouest avec ses amis Iqbal et Farouk. Je parle ici de sa politique et des références idéologiques qui semblent l’inspirer. « Albion » est un ancien nom donné à la Grande-Bretagne. Quant à la « Blonde », il s’agit d’un surnom péjoratif utilisé par certains milieux prolétaires pour désigner l’ancienne Première ministre britannique, Margaret Thatcher. Navin Ramgoolam semble également animé par l’ambition de devenir un chef d’État comparable à ses « frères » africains. C’est, selon moi, ce qui explique son insistance à revenir avec le modèle présidentiel et son désir de disposer d’une résidence officielle à l’image de « Clarisse House ».
Que reprochez-vous au « Thatchérisme » de Navin Ramgoolam ?
Il faut d’abord comprendre le fondement, les travers et les conséquences du Thatchérisme de Maggie (Margaret Thatcher). Cette idéologie ultralibérale et conservatrice s’inscrit dans un contexte de crise, d’agitation industrielle, d’inflation et d’effondrement du modèle économique des années 1970. La classe ouvrière, qui avait accueilli favorablement Thatcher, qu’elle percevait comme une dirigeante promettant rigueur, efficacité et redressement national, a vite désenchantée. La politique de désindustrialisation, de dérégulation agressive et de confrontation avec les syndicats a causé des dégâts considérables à des pans entiers de la population. Le constat, aujourd’hui, est que le Thatchérisme demeure une déception profonde et dévastatrice, même pour ses architectes libéraux.
Quel lien faites-vous avec le gouvernement actuel ?
Navin Ramgoolam profite de chaque opportunité pour reprendre le refrain « There is no such thing as a free lunch », qui est aussi le cantique préféré de Rama Sithanen. Cette phrase résonnante est de Milton Friedman qui fût conseiller de Margaret Thatcher, le père du capitalisme débridé, qui prônait l’ultralibéralisme et la dérégulation. Bien que le Parti travailliste trouve ses origines dans le mouvement ouvrier, les gouvernements successifs de Navin Ramgoolam ont systématiquement œuvré à restreindre les syndicats. Cela a toujours été une stratégie bien élaborée pour briser le pouvoir du travail organisé. Les licenciements de dirigeants syndicaux en 2008 dans diverses organisations étatiques, ainsi que les amendements aux lois du travail favorisant le patronat en sont des preuves irréfutables. Tout comme Thatcher, Ramgoolam veut rompre avec le collectivisme et l’étatisme. Cette politique ultralibérale accentue l’individualisme, nous rend dépendants du marché et entraîne une dégradation des conditions de vie et de travail des classes populaires. Tout en occasionnant de profondes fractures sociales, cette politique affaiblit délibérément les institutions étatiques. Cela alors que l’on sait pertinemment que seul l’État peut garantir l’intérêt du peuple dans son ensemble.
Navin Ramgoolam nous avait bien promis « une rupture » ?
Dans le Thatchérisme, la rupture se définit comme l’abandon d’un État qui garantissait la protection sociale. Il faut donc s’attarder sur le rôle que Navin Ramgoolam et ses experts veulent attribuer à l’État. Au temps de Margaret Thatcher, les intellectuels libéraux qui prônaient des réformes se sont lourdement trompés. Au lieu de moderniser l’économie et de rendre l’État plus efficace, ils ont réussi à détruire une partie de la capacité industrielle et à ébranler la cohésion sociale. On pourrait débattre pendant des heures de la pertinence de l’État-providence. Qu’il soit Bismarckien ou Beveridgien, l’essentiel est de comprendre le rôle de l’État dans la gestion des vies humaines. Tout comme le rapport de l’économiste britannique William Beveridge, publié en 1942, il faut partir du constat réel : quels sont les maux de notre société et comment y répondre ? Sommes-nous à l’abri de la précarité, de l’insécurité et du chômage ? Avons-nous un système éducatif et un système de santé performants ? La réponse est un non catégorique. D’où la vraie question : que fait l’État ?

Qu’en est-il de la réforme des pensions ?
Tout comme la réforme des pensions de Thatcher, celle-ci est présentée comme une modernisation nécessaire et justifiée par la nécessité de réduire les dépenses publiques. Mais dans les faits elle a impacté considérablement sur les travailleurs à faible revenu et a appauvri durablement la classe ouvrière. La réforme de Navin Ramgoolam va entraîner des répercussions identiques. Elle va finir par transformée la retraite en un produit dépendant des marchés financiers plutôt qu’un droit social. Cette reforme fait la promotion des pensions privées. D’ailleurs on constate déjà des campagnes trompeuses. L’inculte qu’il est, Ashok Subron parle de façon élogieuse sur sa formule qui vise a individualiser la retraite. C’est la mort certaine de la solidarité ouvrière. Au lieu de renforcer l’Etat, on le réduit tout en affaiblissant les institutions collectives et basculant le fardeau sur la responsabilité individuelle.
Mais il faut quand même reconnaitre que l’économie va mal ?
Je persiste à dire qu’il faut comprendre le pourquoi du pourquoi et non gargariser avec des rhétoriques que les médias nous gavent. L’unique et l’implacable vérité c’est que l’Ile Maurice a toujours été une ploutocratie où le pouvoir réel est détenu par une infirme minorité extrêmement fortunée. Par leur puissance financière, ils exercent une influence dominante sur l’État en s’appuyant sur le financement des partis politique, leurs intérêts dans les médias ainsi que de lobbys camouflés en formes d’experts ou boite de conseils. Si on est sérieux sur le « Changement » commençons par reconnaitre que nous avons une économie oligarchique coloniale qui est responsable du blocage de la prospérité collective. Comment expliquez-vous que l’économie va mal alors que les profits des conglomérats sont de plus en plus vertigineux ? Ça fait un bail depuis que j’attire l’attention sur la paupérisation de la classe moyenne, de l’affaiblissement des institutions démocratiques et l’aggravation des inégalités. Cette politique ultralibérale va nous anéantir et gardez en tête que dans le sophisme libérale « l’économie se porte toujours mal ».
Pourtant le dernier rapport (Article IV) des Fonds monétaire international exhorte le gouvernement à accélérer les réformes ?
Dans un rapport publié il y a quelques jours de cela, le FMI classe la Chine, qui est une superpuissance économique incontestée comme pays émergent. Je me souviens que dans les années 2000, le FMI avait recommandé au gouvernement mauricien, l’arrêt immédiat des subsides sur le gaz en évoquant la subvention de chauffe-eau solaire. Les experts du FMI croyaient que le gaz était utilisé pour le chauffage. Le pédagogue Canadien Laurence Johnson Peter nous disait “ Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu’il avait prédit hier ne s’est pas produit aujourd’hui”. Les multiples crises de 2008 en sont la preuve. On pourrait écrire des livres sur les conneries de le FMI, mais il faut se concentrer sur leur agenda. Quel que soit le rapport de le FMI, vous allez inévitablement constater que ces experts font mention d’imposition de réformes économiques strictes, de rétablir les équilibres macroéconomiques et du besoin de programmes d’ajustement structurel. Et ces ajustements se focalisent uniquement sur la réduction des subventions sociales, la privatisation d’entreprises d’État et la déréglementation du marché. Le FMI n’a aucun pouvoir légal ni moral sur les économies des pays de surcroit souverain. Le dictat s’exerce principalement à travers ses missions de surveillance et le nexus mafieux avec les technocrates gravitant autour des pouvoir législatif et exécutif. Le fait que le pays n’a contracté aucun emprunt auprès de la FMI, je comprend mal cette obsession à vouloir interpréter ses conseils comme des prescriptions divines. A vrai dire en parcourant le budget j’observe que c’est nous qui avons avancé de l’argent des contribuables au FMI.
Et les hypothèses de la FMI alors?
Le gouvernement Ramgoolam s’entête dans l’application des mesures recommandées par le FMI, au premier rang desquelles figure la réforme des retraites, présentée comme indispensable à la pérennité des finances publiques. Ces orientations s’inscrivent dans une projection à l’horizon 2070. Mais en focalisant le débat sur le vieillissement de la population, le pouvoir relègue au second plan une urgence plus immédiate, notamment l’avenir de la jeunesse mauricienne. La progression inquiétante de la drogue chez les jeunes, l’augmentation des troubles psychiques au sein de la population et la hausse de la criminalité liée à ces phénomènes risquent de peser bien plus lourdement sur les finances publiques que le système des retraites à long terme. À cela s’ajoutent les abus de biens sociaux, la montée persistante de la corruption et une gouvernance décriée pour son gaspillage. D’après les hypothèses du FMI, seuls les coûts sociaux devraient augmenter d’ici 2070, sans la prise en compte de l’évolution du PIB. Dans le même temps, l’État semble accepter que les deniers publics servent à soutenir la « Silver Economy », destinée à attirer des retraités étrangers à Maurice, alors que les retraités mauriciens, eux, sont traités comme des fardeaux. La vie de nos enfants est trop importante pour que nous la laissons entre les mains des économistes, de financiers et de banquiers. Je ne cesse de le dire que le problème avec les économistes libéraux, c’est qu’ils sont des platistes insensibles qui croient que la Terre est plate et la vie humaine une ligne droite.
Un peu trop facile de tout faire endosser par les technocrates et experts ?
Je vous l’avais déjà dit en 2020, le danger des « Chicago Boys » n’était pas une formule de circonstance, mais un avertissement. Ce sophisme libéral constitue une menace réelle, organisée et méthodique. Pour le comprendre, il faut poser les questions qui dérangent. Qui fabrique ces rapports économiques présentés comme des vérités incontestables ? À qui les experts étrangers parlent-ils réellement ? Qui alimente les articles de presse sur lesquels les institutions de Bretton Woods s’appuient ensuite pour légitimer leurs conclusions ? Et pourquoi, avant même la publication du rapport du FMI, des élus du gouvernement évoquaient-ils déjà une pension repoussée à 70 ans ? Rien de tout cela n’est neutre. Toute la chaîne d’information est contaminée, produisant un récit synchronisé, répété en boucle jusqu’à devenir une évidence fabriquée. Et Dieu sait qu’ils se trompent. La manipulation de l’opinion et la désinformation sont devenues le fonds de commerce de médias qui convoquent des « experts » pour installer une psychose collective. Or la peur a toujours été l’arme des dominants, elle a maintenu l’esclavage, prolongé la servitude et ouvert la voie aux pires tragédies de l’histoire. Ceux qui sont en face maîtrisent cette mécanique depuis des siècles. C’est précisément pour cela qu’il serait suicidaire de les sous-estimer.

Vous évoquez les conséquences néfaste du trafic de la drogue. Est-il possible selon vous de renverser la donne ?
Il n’y a jamais eu de combat contre la drogue. C’est une guerre entre trafiquants qui ont leurs tentacules bien agrippés autour du pouvoir. Il ne peut y avoir de trafic de cette envergure sans la complicité des institutions. C’est une machinerie fragmentée, bien huilée qui évolue en permanence. Les cartels du monde s’appliquent rigoureusement à la diversification de leur marché et l’ Ile Maurice est devenu une plaque tournante majeure du narcotrafic avec des routes vers la Thaïlande , Madagascar, Afrique du Sud, Kenya, Dubaï, Seychelles et Ile de la Réunion. Les cartels d’Amérique latine ont diversifié leurs unités de productions d’où des nouveaux centres d’approvisionnement comme le Mozambique, l’Ouganda et le Nigeria. Chez nous, les trafiquants ont apporté leurs savoir-faire en matière de distribution et de blanchiment. Je ne serai pas surpris si certains de nos chassées caches des laboratoires permettant la production de drogues de synthèses. Savez-vous que les narcotrafiquants investissent massivement dans le sport ? Un peu à l’image des frères Orejuela du cartel de Cali qui avait pris le contrôle de l’équipe de foot, l’América de Cali pour en faire une force continentale. Ils sont partout, dans l’immobilier, la grande distribution, les petits commerces, la restauration, l’informatique, la formation et même la religion. Ils ont tout une armada de légistes, comptables, conseillers et journalistes qui s’activent pour assurer leurs intérêts. Aucun politicien n’a eu les couilles pour s’en prendre aux barons de façon frontal. Il est évident qu’il y a une main invisible qui protège les narcotrafiquants, qui sont aussi les bailleurs de fonds de certains partis politiques. J’affirme haut et fort, dans les circonstances actuelles, quel que soit le parti au gouvernement, ces trafiquants seront toujours au pouvoir. Ça fait un bail depuis que j’ai demandé à Navin Ramgoolam de lancer une offensive impitoyable contre les narcotrafiquants visant à anéantir leurs réseaux de distributions et les structures de blanchiment. Comme à son habitude, face aux dilemmes cornéliens, Navin Ramgoolam se fige.
Au cours de vos récents interventions publiques vous décriez cette proximité qu’entretient Navin Ramgoolam avec les puissances oligarchiques du pays. En quoi cette pratique vous dérange ?
Vers la fin des années 90, un ralentissement accru s’installe dans le développement de nos PME qui sont les principaux pourvoyeurs d’emploi. La raison se trouve dans la concentration excessive du pouvoir économique et financier aux mains des puissances oligarchiques. Navin Ramgoolam a voué un soutien tacite a ces quelques familles qui depuis l’ère coloniale dominent outrageusement l’économie. Depuis le premier jour de ce mandat, il est devenu si serviable qu’ils ont pu s’en passer des services de leurs fidèle « Bernardo » un certain, Paul Berenger. Quoi que le soutien de ces élites économiques puisse être une stratégie en soit, elle repose toutefois sur, sa capacite à stimuler l’investissement, générer de l’emploi et créer de la richesse pour l’ensemble du pays. Chez nous cette stratégie de ruissellement a été toujours à sens unique, permettant une vampirisation des PME et pérenniser l’hégémonie oligarchique. Dérégulations , terre de l’État, subventions, accès privilégiés au crédit, protection douanière ainsi que la manipulation de la valeur de notre devise, tout a été fait pour plaire les puissants. Aucun économiste ou encore ces seigneurs éditorialistes du dimanche n’ont jamais abordé les risques systémiques que posent les participations croisées complexes de ces oligarchies. Nul osera écrire sur le risque d’une crise imminente si la Banque Centrale poursuit la dépréciation structurelle de la roupie. Tout en dopant la compétitivité de nos industries, elle pourrait occasionner l’érosion de plus de 50 milliards de roupies si les investisseurs étrangers décident de se retirer. Lui qui semble être un adepte de Bretton Woods , il doit bien savoir que le FMI a évoqué à maintes reprises les risques que posent les banques a ile Maurice. Pourquoi Navin Ramgoolam n’entame-t-il pas des reformes pour assainir le contrôle des institutions bancaires ? A-t-il le courage de séparer l’industrie de la finance ? Le permis bancaire accordé au FMB Capital me permet de douter. Avec tous ses incohérences, je me demande si Navin Ramgoolam a entendu parler de la crise financière asiatique de 1997. Il ne se rend pas compte que ses « Chaebols » vont finir par délaisser le pays et seul nos PME sont capables d’être des locomotives durables.

Qu’en est-il de la responsabilité des autres membres du gouvernement ?
Le problème est bien plus profond que l’on l’imagine et ne se limite pas uniquement à notre petit pays insulaire. Pour atteindre ses objectifs, le capitalisme débridé a d’abord effacé la notion d’idéologie. Aujourd’hui nos politiciens sont principalement des adeptes du pragmatisme et croient que la politique se limite à la gestion quotidienne du pouvoir. Ils se disent bâtisseurs mais au lieu d’enrichir notre patrimoine, ils s’attèlent à le détruire. L’idéologie est à la politique ce que le gouvernail est au navire et cela explique largement cette vacuité qui anime nos politiciens. Au cours des derniers 50 ans, notre système politique s’est progressivement vidé de sa substance. Prenons-en l’exemple du Parti Travailliste, on se réfère toujours aux tribuns du passé lointain car il n’y a absolument personne qui s’est démarqué par ses idées, ses prestations et ses actes. Ce sont tous des vassaux des puissants et acceptent d’orienter la législation afin de favoriser leurs maitres. Tous desservent les intérêts privés d’une minorité plutôt que le bien commun et la concentration de richesses s’accentue au fil des années. Je le répète, nous sommes indépendants mais loin d’être affranchis et comme disait le philosophe Voltaire « Il est difficile de libérer les imbéciles des chaînes qu’ils vénèrent ». Chacun des élus devra en assumer ses responsabilités tout en sachant qu’il ne peut y avoir de plus humiliant que de vivre avec la pensée que des générations de citoyens viendront pisser sur sa tombe.
Vous avez récemment qualifié « la bande autour de Ramgoolam » de « coursiers des puissants ». Les conseillers sont-ils indispensables au pouvoir ?
Ce ne sont plus seulement les Bacha, Manraj et autres figures qui ont incarné le système depuis les années 80 et contribué à installer une bourgeoisie d’État. La bande que je dénonce depuis janvier 2025 se compose aujourd’hui de deux franges : d’un côté, les technocrates qui orientent la politique gouvernementale ; de l’autre, une racaille qui prolonge les pratiques mafieuses héritées du MSM.
Je ne vais pas m’attarder sur les « London Boys », le rôle de Geoffrey Cox, les frasques de François, les deals du gigolo de Gaétan, les magouilles du DJ ou les complots de cette bande qui prétend transformer l’île Maurice en Silicon Valley. Cela me rappelle une citation attribuée au grand écrivain espagnol Miguel de Cervantès : « Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. ». Ce gouvernement constitue un terreau fertile pour la mise en œuvre d’un plan des plus funestes de l’histoire, le dépeçage de l’État. Il est donc de notre devoir de freiner cette folie, quoi qu’il en coûte.
