À Maurice, critiquer la franc-maçonnerie est souvent perçu comme une attaque personnelle. Pourtant, l’appartenance à une confrérie relève du domaine privé et elle ne devient un sujet public que lorsque ses agissements influencent l’État, les institutions et la vie démocratique. Dénoncer les dérives de certains maçons n’est pas une croisade : c’est une exigence de transparence, la même que l’on réclame de n’importe quel lobby ou groupe d’influence.
Certes, la franc-maçonnerie a marqué l’histoire mauricienne. Au point qu’aujourd’hui, elle occupe une place tentaculaire : institutions publiques, justice, régulateurs, entreprises d’État, diplomatie, médias, ONG. Une présence si étendue qu’elle est décrite comme une structure parallèle du pouvoir. La question de l’incompatibilité des serments dans la magistrature reste entière. Malgré des affaires impliquant des maçons, aucune condamnation majeure n’a émergé. Dans un contexte où la confiance envers le judiciaire vacille, cette opacité nourrit les doutes et fragilise l’État de droit. L’idéal de quête de vérité s’efface derrière des stratégies d’influence, des ambitions politiques et des intérêts personnels. Au cœur de ces ramifications on retrouve principalement des cadors de la Grande Loge de Maurice (GLM)
Au lieu de restaurer les valeurs fondatrices certains dirigeants du GLM préfèrent maintenir le statuquo et protéger les responsables contestés. Pire ! Des documents rendus publics révèlent qu’ ils se sont ralliés à une racaille de surcroit internationale. Des contradictions, qui ont occasionnées le départ de plusieurs « Frères » qui disent ne pas vouloir « se noyer dans cette médiocrité ambiante ». C’est ainsi que La United Grand Lodge, une obédience régulière a été fondée et se dit dédiée à la construction de la sagesse humaine.
La mort de Bruno Dumazel, Grand Maitre de la GLM a été un autre coup dur pour la fraternité du fait qu’il a régné en maitre incontesté pendant plusieurs années sur la GLM. Un départ qui semble faire le jeu de certains qui se sont appropriés les clés du temple et s’apprêtent à placer, Raj Ganoo, leur béni-oui-oui à la direction de la GLM. Le comble, c’est le Grand Patron de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) qui apportera personnellement sa bénédiction à ceux qui ont conduit la Grande Loge de Maurice dans cette crise abyssale. Autant pour les belles valeurs et gouvernance fondée sur l’éthique.
Ce qui nous rappelle les mots de ce grand littéraire lui-même maçon ayant aiguisé son savoir au Churchill Lodge No 478 et la Rose Croix, Oscar Wilde qui disait « C’est la médiocrité qui entraîne la popularité.” C’était en 1890 !
