La condamnation de la doctrine Cebrowski ne change rien, par Thierry Meyssan

La Commission Baker-Hamilton dresse le bilan de la stratégie Rumsfeld/Cebrowski en Iraq.

Cet article est extrait du livre Sous nos yeux.
Voir la Table des matières.

La Commission Baker / Hamilton

En Irak les choses vont de mal en pis. Le Gouvernement provisoire qui avait succédé à l’Autorité provisoire ne parvient pas à stabiliser le pays. Une fois l’effet «  de choc et de stupeur  » des bombardements alliés dissipé, la population se réveille et prend conscience des pillages et des destructions opérés par l’Autorité provisoire. Dès les premiers jours, les États-Unis ont brûlé les archives et la bibliothèque nationale. Ils ont d’abord pillé ceux des musées nationaux dont les trésors n’avaient pas été cachés à temps. Ils ont méthodiquement privatisé à leur profit l’économie socialiste du pays, avec l’aide de «  leurs  » spécialistes comme l’ancien Président bulgare Petar Stoyanov ou de l’ancien Premier ministre russe Iegor Gaïdar.

Partout les soldats démobilisés par l’Occupant US se réorganisent et se révoltent contre lui. Pour vaincre la colère des Irakiens, l’ambassadeur états-unien, John Negroponte, décide de briser leur unité et de les provoquer à s’entre-déchirer. Avec l’appui de son vieil ami Elliot Abrams et de Liz Cheney à Washington, il crée donc un groupe sunnite chargé d’attaquer les chiites et un groupe chiite chargé de massacrer les sunnites. Negroponte était déjà devenu le directeur du Renseignement national des États-Unis lorsque la guerre civile commence. La descente aux enfers débute par le gigantesque attentat contre la mosquée chiite Al-Askari de Samarra, le 22 février 2006, qui fait plus d’un millier de morts. Bien que non revendiqué, il est généralement attribué à l’Émirat islamique en Irak, futur Daech. Malgré les appels au calme du grand ayatollah Ali Al-Sistani et de Moqtada Al-Sadr, il est suivi en réplique de nombreuses attaques et lynchages provoquant la mort de 3 000 sunnites.

Concrètement, le bilan de cette guerre se résume ainsi  : le Président Saddam Hussein a été renversé sous de faux prétextes  ; le pays a été méthodiquement pillé par les hommes responsables du coup d’État du 11-Septembre  ; et malgré la présence de 170 000 GI’s et plusieurs milliers de milliards de dollars investis, le pays est en proie à une guerre civile aussi atroce qu’artificielle.

La classe dirigeante à Washington est divisée selon qu’elle a profité d’une part du gâteau ou qu’elle a été contrainte de payer l’opération. En définitive, le Congrès décide la création d’une commission bipartite chargée de trouver une issue à l’aventure irakienne. Elle est coprésidée par deux personnalités jugées neutres par les deux groupes  : le républicain James Baker et le démocrate Lee Hamilton. Le premier a été secrétaire d’État puis conseiller du fonds d’investissement Carlyle Group qui gérait les avoirs des familles Bush et Ben Laden  ; le second a été le rapporteur sur les réserves pétrolières du Moyen-Orient, puis vice-président de la commission d’enquête présidentielle sur le 11-Septembre.

Durant près d’un an, la Commission Baker / Hamilton examine non seulement l’Irak, mais l’ensemble de la politique moyen-orientale des États-Unis et particulièrement le Liban, la Syrie et l’Iran. Le 6 décembre 2006, elle parvient à la conclusion qu’il faut abandonner le projet de guerres successives contre tous les États de la région (doctrine Rumsfeld/Czebrowski), et au contraire, négocier un retour à la paix avec la Syrie et l’Iran [1].

Durant les travaux de la Commission, Cheney et Rumsfeld font pression sur les militaires pour hâter la guerre contre l’Iran et ses alliés chiites. Ils tentent de la déclencher à diverses reprises avant la remise du rapport. Plusieurs officiers supérieurs, sortant de la réserve qui leur imposée, accusent Rumsfeld de ne pas être l’homme de la situation et demandent publiquement sa démission. Les militaires rencontrent un soutien évident dans l’opinion publique, consciente de la désastreuse situation en Irak. En définitive, lors de sa défaite électorale aux élections de mi-mandat, le Président George Bush Jr décide de démettre l’éternel Rumsfeld (74 ans) et de le remplacer par un membre de la Commission Baker / Hamilton. Baker souhaitant conserver son statut de «  sage neutre  », ce sera le républicain Robert Gates, ancien directeur de la CIA.

Durant toute l’année 2007, les hommes du 11-Septembre tentent des coups bas. Discrètement, les contingents espagnols, français et italiens de la Force d’interposition de l’ONU entre Israël et le Liban passent sous commandement de l’OTAN. Après l’assassinat de Rafic Hariri et la guerre israélienne, on se dirige vers une troisième manche à Beyrouth. Simultanément, six bombes atomiques sont déplacées illégalement de la base de Minot à celle de Barksdale, et sont préparées pour partir au Moyen-Orient [2]. Au dernier moment, l’opération est annulée. Un satellite espion qui surveillait le Moyen-Orient s’autodétruit. Ses débris tombent au Pérou.

Finalement, le directeur du Renseignement national, le vice-amiral John Michael McConnell, publie un document confidentiel selon lequel l’Iran a arrêté son programme nucléaire civil depuis plusieurs années, au moins depuis quatre ans. De la sorte, il empêche Dick Cheney de rejouer le coup des armes de destruction massive qui lui avait permis de justifier l’attaque de l’Irak. Les généraux se rebellent contre l’administration Bush et le font savoir.

L’amiral William Fallon démissionne. Il avait négocié la paix avec l’Iran, mais l’administration Bush n’en voulait surtout pas.

La guerre contre les chiites n’aura pas lieu au Liban

Le patron du Central Command – superviseur des guerres en Afghanistan et en Irak—, l’amiral William Fallon, est un ancien du Vietnam. Il a parfaitement conscience que ses troupes sont épuisées et qu’elles ne pourront pas mener à la fois une contre-guérilla face à la Résistance irakienne et une guerre contre l’Iran. Utilisant les relations qu’il a nouées au cours de sa carrière, il prend contact avec des personnalités iraniennes et négocie avec la République islamique en présence de représentants russes et chinois. Le 2 mars 2008, il rencontre secrètement le Président Mahmoud Ahmadinejad à Bagdad. Les deux hommes parviennent à trouver un terrain d’entente. L’Iran est prêt à retirer ses commandos des zones sensibles du Moyen-Orient élargi (Afghanistan et Irak, Bahreïn et Liban, etc.) si les États-Unis font de même.

Furieux, Dick Cheney désavoue l’amiral. Trahi par les siens, Fallon démissionne. Téhéran réagit en approvisionnant massivement en armes les Résistances irakienne, libanaise et palestinienne.

Le commandant des forces US en Irak, le général David Petraeus, exulte. Il remplace l’amiral Fallon comme patron du CentCom et inonde la presse de sa version des événements en Irak. Il assure à qui veut l’entendre que l’augmentation de ses effectifs («  the surge  ») lui a permis de maîtriser la Résistance et que les choses sont sur le point d’être normalisées.

La réalité est tout autre. Les mercenaires de John Negroponte sont effectivement parvenus à dresser les chiites contre les sunnites et vice-versa, mais si des groupes armés se battent les uns contre les autres, la population ne participe pas vraiment à cette guerre civile. Petit à petit, les gens réalisent être victimes d’une manipulation. Des dizaines de milliers de jeunes chômeurs entrent à leur tour en résistance contre l’Occupant.

Le général Petraeus, conseillé par un expert australien David Kilcullen, décide de retourner et de rémunérer 80 000 d’entre eux, (10 dollars par jour). L’immense majorité des opérations anti-US cesse donc, bien qu’il soit évident qu’à la cessation du paiement, les 80 000 «  collaborateurs  » des forces d’occupation se retourneront contre elles, et cette fois avec les armes que le Pentagone vient de leur livrer. Peu importe, Petraeus veut juste gagner du temps  ; du temps pour signer des contrats d’exploitation léonins des champs de pétrole et pour obtenir l’immunité juridique pour ses troupes et le maintien ad aeternam de ses bases militaires.

Petraeus est présenté aujourd’hui comme un des meilleurs experts en contre-terrorisme, ce qui est pour le moins usurpé. C’est un général de salon qui a fait carrière en servant d’agent de liaison entre le Pentagone et le Congrès, pas sur le champ de bataille. Au demeurant, il a surtout passé son temps en Irak à abuser de fillettes plutôt qu’à résoudre quoi que ce soit.

Quoi qu’il en soit, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, plaide pour une trêve d’un an entre les deux groupes qui divisent le Pentagone, et partant de là, pour une suspension des interventions US dans le monde.

Les hommes du 11-Septembre tolèrent, mais n’abandonnent pas. Puisqu’ils ne peuvent instrumenter les armées états-uniennes, ils se tournent vers les Britanniques et les Israéliens. Ces derniers sont prêts à prendre leur revanche sur le Hezbollah et la Syrie d’une part et, d’autre part, à mener un raid en Iran comme ils l’ont fait en 1981 sur un réacteur atomique irakien.

Cependant, leurs bombardiers n’ont pas un rayon d’action suffisant. Londres propose alors de mettre à leur disposition des aérodromes plus proches, en Géorgie. Le Président Mikheil Saakachvili accepte de louer deux bases militaires à Israël. Les Britanniques installent un de leurs ressortissants dans son gouvernement, tandis que les Israéliens placent l’un des leurs, David Kézérachvili, comme ministre de la Défense.

Le Hezbollah, et non pas l’armée nationale, est la principale force qui protège le Liban.

Pendant ce temps, au Liban, le Premier ministre Fouad Siniora tente de couper les communications internes de la Résistance ainsi que les transports entre le Hezbollah et l’Iran afin de faciliter la prochaine attaque israélienne contre son pays. Siniora est l’ancien comptable de la famille Hariri et notoirement un agent des services de Renseignement jordaniens. Il donne instruction de saboter le réseau téléphonique terrestre dont le Hezbollah et ses alliés se sont dotés avec l’aide d’ingénieurs iraniens. La Résistance sera donc obligée d’utiliser le téléphone filaire de l’État ou l’un des trois réseaux mobiles, tous contrôlés par l’ennemi israélien. En outre, il retire au Hezbollah la piste d’atterrissage que l’aéroport de Beyrouth mettait à sa disposition pour maintenir un pont aérien avec Téhéran. De nombreux avions y opèrent une rotation pour envoyer de jeunes Libanais se former auprès des Gardiens de la Révolution et de la milice des Bassijis. Ceux-ci envoient en retour un arsenal conséquent, incluant d’innombrables missiles.

Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, demande au Premier ministre de retirer ces instructions qu’il qualifie de «  déclaration de guerre  ». Celui-ci les maintient, tandis que se prépare une nouvelle guerre contre le Liban, la Syrie et l’Iran. Le 7 mai 2008, le Hezbollah investit les bâtiments du Pouvoir et les domiciles privés des officiels. En quelques heures les services de sécurité de l’État sont désarmés et le Hezbollah triomphe. Plus discrètement, les troupes d’élite du Parti de Dieu attaquent un bunker situé sous l’ancien siège de la Télévision du Futur (propriété de la famille Hariri). Il abrite le centre opérationnel des Forces britanniques, états-uniennes, israéliennes et jordaniennes. Les officiers étrangers parviennent à fuir par un souterrain et à rejoindre la plage. Des canots pneumatiques les amènent au large où ils sont récupérés par un bâtiment états-unien. Ayant préservé la Résistance, le Hezbollah se retire.

Cette victoire éclair débouchera sur l’accord de Doha. La Coalition du 14-Mars réunie autour de la famille Hariri négocie son maintien au gouvernement, tandis que le Hezbollah s’en moque et exige de disposer de toute latitude pour défendre le pays.

Si l’anéantissement du Hezbollah devra attendre, celui de l’Iran est en marche.

Le Premier ministre Mikheil Saakashvili (en chemise) et son ministre de la Défense, l’israélo-géorgien Davit Kezerashvili (ici regardant sa montre), ont loué deux aéroports à Israël pour qu’il puisse bombarder l’Iran.

La guerre avortée contre l’Iran

Dans le Caucase, persuadé que le dispositif qu’il a concédé aux Occidentaux le protège, le Président Saakachvili prend l’initiative d’attaquer l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Ces deux États, joints à la Géorgie à l’époque soviétique, se sont déclarés indépendants lors de la dissolution de l’URSS, sans être reconnus par la communauté internationale. Sachant que la plupart des Ossètes et des Abkhazes ont la double nationalité russe, le Président Dmitri Medvedev autorise ses troupes à intervenir. Son Premier ministre, Vladimir Poutine, prend la direction des opérations. À la surprise générale, il commence par bombarder les deux bases militaires louées à Israël, dont il cloue les avions au sol, puis attaque l’armée géorgienne.

Les médias occidentaux font l’impasse sur la présence d’Israël et l’enjeu iranien. Ils assurent que l’armée russe est totalement obsolète. Selon eux, elle n’a pu vaincre que parce que la Géorgie était elle-même sous-équipée. Peut-être. Peut-être pas. La Russie, que tous croyaient dévastée depuis la dissolution de l’URSS et les pillages de l’ère Eltsine, est en train de se redresser.

Aucun des deux camps états-uniens n’ayant intérêt à dévoiler ce qui s’est passé, Washington prie son agent français, Nicolas Sarkozy, de «  négocier  » la paix. En réalité, il n’y a rien à négocier  : la Géorgie avait tort et elle a perdu. Israël est incapable d’expliquer sa présence.

Sarkozy se rend ventre à terre à Moscou rencontrer le Président Medvedev. Durant son trajet, venant de l’aéroport, il observe une vaste campagne d’affichage du magazine Profile. Son portrait figurant en couverture, il s’enquiert auprès de son ambassadeur pour en connaître la teneur. Il s’agit d’une étude que j’avais rédigée à partir des liens familiaux du Président avec l’un des trois fondateurs de la CIA [3]. Arrivé au Kremlin, Sarkozy est reçu par son homologue. Mais à peine les deux hommes sont-ils assis que la porte s’ouvre à nouveau et qu’entre le Premier ministre Vladimir Poutine. Lorsque Sarkozy tente de poser ses conditions, Poutine, sans un mot, pose devant lui, sur la table, un exemplaire de la revue en tournant la couverture vers le Français, ainsi qu’il le racontera par la suite. En définitive, c’est donc Sarkozy qui accepte les conditions russes, suscitant la colère de ses partenaires d’Europe centrale.

A Guatanamo Bay, l’US Navy torture sans se cacher.

La terreur d’État

Durant ses deux mandats, George W. Bush terrifia le monde musulman. Non seulement, il soutint le remodelage des frontières du Moyen-Orient élargi afin qu’il ne subsiste aucun État de plus de 10 millions d’habitants, non seulement il attaqua l’Afghanistan et l’Irak tuant au moins 3 millions d’innocents, mais il soumit aussi au moins 80 000 musulmans à la torture.

Contrairement aux séries télévisées et aux films hollywoodiens, la torture n’a jamais été efficace en matière de renseignement fiable. Elle constitue toutefois un mode immémorial de gouvernement. Elle est dissuasive.

Durant l’Antiquité et le Moyen-Âge, on n’utilisait pas cette pratique barbare en prétendant chercher des renseignements, mais pour contraindre les condamnés à signer les aveux qu’on leur avait préparés. Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis eurent massivement recourt à la torture. Ils n’obtinrent de cette manière qu’incidemment des renseignements. Leurs vrais interrogateurs, conformément aux instructions d’Hanns Scharff, ne pratiquaient aucune violence et obtenaient par contre toutes sortes d’informations fiables. Leurs tortionnaires terrorisèrent les populations, assurant leur pouvoir, mais suscitant par là même la Résistance qui les vainquit.

Le Vice-président Dick Cheney a organisé une douzaine de réunions à la Maison-Blanche pour décider quelles techniques seraient utilisées contre les musulmans. La conseillère de Sécurité nationale Condoleezza Rice, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, le secrétaire d’État Colin Powell, le procureur général John Aschcroft et le directeur de la CIA George Tenet y participèrent et se prononcèrent à partir des expérimentations conduites sous leurs yeux.

Très rares sont les dictateurs qui se sont abaissés à ce genre de pratiques, pas même le chancelier Hitler. De sorte que John Ascroft finit par refuser de venir à ces réunions déclarant  : «  L’Histoire ne nous pardonnera pas ce que nous avons fait  ».

Si l’opinion publique occidentale a entendu parler de la base de Guantánamo, d’Abou Ghraib en Irak et des prisons secrètes de la CIA, elle n’a pas été informée des prisons de la Navy dans les cales de bâtiments de guerre croisant dans les eaux internationales. 17 de ces prisons flottantes ont été identifiées  : USS Bataan, USS Peleliu, USS Ashland, USNS Stockham, USNS Watson, USNS Watkins, USNS Sister, USNS Charlton, USNS Pomeroy, USNS Red Cloud, USNS Soderman, USNS Dahl, MV PFC William B. Baugh, MV Alex Bonnyman, MV Franklin J. Phillips, MV Louis J. Huage Jr, MV James Anderson Jr. Selon l’association britannique Reprieve, plus de 80 000 personnes, enlevées au Moyen-Orient élargi, y ont été torturées avant d’être relâchées et renvoyées dans leur pays.

Nul ne peut s’étonner après cela que certains proches de ces victimes manifestent une haine de l’Occident et s’engagent sans réfléchir dans n’importe quel groupe qui prétend se révolter contre lui.

Le colonel Lawrence Wilkerson, directeur de cabinet de Colin Powell, a affirmé dans un témoignage écrit lors d’un procès à Guantánamo que l’administration savait parfaitement que la plupart des individus détenus dans ce centre n’étaient aucunement liés au terrorisme.

Tant qu’à torturer, les six dirigeants «  démocrates  » précités décidèrent de tester les théories du professeur Martin Seligman sur la possibilité, non pas d’obtenir des renseignements, mais d’inculquer un comportement [4].

S’appuyant

  sur l’étude des tortures chinoises durant la guerre de Corée par le professeur Albert D. Biderman de la Rand Corporation,

  sur les pratiques de la CIA durant la Guerre froide à la Political Warfare Cadres Academy (Taïwan) et à la School of Americas (Panama) – exposées dans le manuel Kubark –,

  sur les expériences de manipulation mentale du Projet MK-Ultra de la CIA,

  et sur l’étude de l’«  esprit arabe  » (sic) par le professeur Raphael Patai,
l’ancien président de l’American Psychological Association, Martin Seligman, conçut une méthode visant à casser la personnalité des individus (théorie de «  l’impuissance apprise  ») et à leur en créer une nouvelle.

Le professeur Martin Seligman, conseiller de la CIA.

Aucun média occidental ne reprit les informations que je publiais à ce sujet en Russie, en 2009. Il aura fallu attendre que des psychologues états-uniens traduisent mon article – immédiatement démenti par le professeur Seligman –, que leur association ouvre une enquête, et surtout que la sénatrice Diane Feinstein rende un rapport sur 119 cas de prisonniers de la CIA, pour que le scandale éclate enfin.

Au passage, Diane Feinstein établit que, hormis les hurlements des suppliciés, les États-Unis n’ont jamais recueilli un aveu liant les attentats du 11-Septembre à Al-Qaïda [5]. Elle mit également en cause deux élèves de Seligman, ayant fait preuve d’un rare sadisme lors de la supervision des «  interrogatoires poussés  », Bruce Jensen et l’évêque mormon James Mitchell.

La présidence Obama


C’est dans ce contexte que survient la crise des subprimes et le crash financier qu’elle provoque. Le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers s’effondre malgré un chiffre d’affaires annuel de 46,7 milliards de dollars. Le contrecoup affecte l’ensemble du système financier mondial. À vrai dire, cette faillite et celles qui suivent n’avaient que peu de liens avec l’activité économique réelle, mais elles désorganisent tout le secteur bancaire. Elles sont l’occasion pour les administrations Bush et Obama de ponctionner le Trésor national et de renflouer leurs donateurs.

Les États-Unis doivent absolument réduire leur train de vie de manière drastique et réaliser de gigantesques réductions budgétaires. Les guerres attendront.

C’est alors que se terminent les deux mandats de George W. Bush et qu’est élu le candidat démocrate, Barack Obama. Si la presse internationale considérait que le Président Bush était trop bête pour gouverner et que son Vice-président œuvrait en coulisse, elle n’admettait pas que Dick Cheney était non seulement ce Vice-président mais aussi un des membres du « gouvernement de continuité » qui organisa le coup d’État du 11-Septembre. Aussi feindra-t-elle de croire que le pouvoir réside à la Maison-Blanche et qu’Obama sera un vrai Président.

La mentalité états-unienne s’accommode facilement de «  faire du passé table rase  ». Ainsi, lorsqu’un entrepreneur fait faillite, il se contente de déposer son bilan sans payer ses créanciers. Tandis qu’en Europe, il est jugé et généralement condamné à une interdiction d’exercer une gérance, aux États-Unis il peut créer immédiatement une autre société et poursuivre son activité. De la même manière, à chaque élection présidentielle – jusqu’à celle de Donald Trump non comprise –, le nouveau Président ne se présente pas comme comptable des crimes commis par ses prédécesseurs. Barack Obama excelle dans ce registre. Il s’engage sans rire à réduire unilatéralement les arsenaux nucléaires et à conduire à la paix mondiale, soulevant des tonnerres d’applaudissements et recevant par avance le prix Nobel de la Paix. Sur le même registre, la propagande atlantiste célèbre la couleur de sa peau comme le signe de la fin du racisme et du triomphe de l’égalité. Dans les faits, sous ses mandats, les associations suprématistes blanches pulluleront et les policiers prendront l’habitude d’assassiner des Noirs sans être poursuivis.


Barack Obama est le fils d’une États-unienne et d’un Kenyan. Il fut élevé par le second mari de sa mère, l’Indonésien Lolo Soetoro, puis par sa grand-mère maternelle, Madelyn Dunham. Son père et son beau-père furent étudiants au East–West Center de Hawaï, l’équivalent états-unien de l’Université russe de l’Amitié des Peuples Patrice Lumumba. Sa mère et son beau-père travaillèrent pour la CIA en Indonésie à l’époque du coup d’État de Soeharto. Sa grand-mère maternelle gérait les comptes de la CIA en Extrême-Orient à la Banque de Hawaï à Honolulu [6]. Élu sénateur de l’Illinois, il fit une tournée en Afrique pour la CIA sous couvert de sa responsabilité parlementaire [7]. Le lancement de sa campagne électorale présidentielle est financé par le milliardaire irako-britannique Sir Nadhmi Auchi, proche du Premier ministre Tony Blair et du MI6. En finançant Obama, Auchi agissait selon toute vraisemblance pour le compte de la Couronne d’Angleterre. Devenu Président, Barack Obama choisira pour composer sa première administration de nombreux membres de la très secrète Pilgrim’s Society, l’association anglo-américaine présidée par la reine Elizabeth II.

Il se trouve que, selon toute vraisemblance, Barack Obama n’est pas né citoyen états-unien à Hawaï, mais sujet de la Couronne britannique au Kenya, ce qui aurait dû l’empêcher d’être élu Président au regard de la Constitution. En tout cas, sa grand-mère a témoigné avoir assisté à sa naissance en Afrique, mais peut-être confondait-elle avec un autre de ses petits-enfants. Les registres d’Hawaï n’ont pas conservé la déclaration de sa naissance, mais sans doute ont-ils été mal archivés. Le secrétariat d’État lui a accordé une bourse d’étude en tant qu’étudiant étranger, mais peut-être avait-il triché pour en bénéficier. Par la suite, le service de presse de la Maison-Blanche publiera une copie de son acte de naissance, mais elle s’avère truquée. Un mouvement marginal se développe pour contester sa légitimité. Il est financé par l’entrepreneur new-yorkais Donald Trump.

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