July 6, 2026

Post – Budget 2026-2027 Amarjeet Beegoo dénonce un manque de vision pour l’agriculture et étrille le ministre de l’Agro-industrie

Libération Moris – 06 juillet 2026

Le Budget 2026-2027 continue de susciter des réactions dans différents secteurs de l’économie. Cette fois, c’est au tour d’Amarjeet Beegoo, représentant des planteurs, de monter au créneau. S’il salue certaines orientations en faveur de la sécurité alimentaire et le recul du gouvernement sur la réforme de la pension, il estime que les mesures destinées au secteur agricole sont largement insuffisantes et accuse le gouvernement de manquer de vision.

Selon lui, l’absence de mesures spécifiques consacrées aux cultures vivrières dans le discours budgétaire principal est particulièrement révélatrice. AmarjeetBeegoo y voit la preuve que le Premier ministre n’accorde que peu de confiance à son ministre de l’Agro-industrie. « Le véritable projet pour le secteur agricole se trouvait dans les annexes », soutient-il.

Le représentant des planteurs fait notamment référence à l’objectif « 25 by 35 », présenté dans l’annexe du Budget, qui vise à produire localement 25 % des besoins alimentaires du pays tout en réduisant la dépendance aux intrants agricoles importés. Il estime que cette stratégie constitue l’une des rares mesures ambitieuses du Budget et regrette qu’elle n’ait pas été davantage mise en avant.

Autre initiative qu’il accueille favorablement : la future Food Security and Nutrition Bill, destinée à renforcer la sécurité alimentaire, la biosécurité et la durabilité du secteur. Pour Amarjeet Beegoo, cette réforme pourrait représenter un véritable tournant si elle est accompagnée de moyens suffisants.

En revanche, il juge les aides financières annoncées largement insuffisantes. Il cite notamment l’augmentation de la subvention aux engrais, qui passe de Rs 80 millions à Rs 100 millions, ainsi que celle destinée à d’autres programmes agricoles, portée de Rs 10 millions à Rs 13 millions. À ses yeux, ces hausses restent modestes alors même que le pays ambitionne de réduire sa dépendance aux produits importés.

Il critique également la hausse de 5 % appliquée aux différents régimes d’assurance agricole, estimant qu’elle pèsera davantage sur des planteurs dont les revenus demeurent particulièrement variables. « L’agriculture reste une activité précaire, fortement exposée aux aléas climatiques », rappelle-t-il.

Amarjeet Beegoo se montre tout aussi sceptique concernant les investissements annoncés en matière d’irrigation. Selon lui, le problème majeur demeure la pénurie d’eau observée entre août et novembre, période durant laquelle l’irrigation est interrompue dans plusieurs régions du nord. Dans ces conditions, explique-t-il, la pose de nouvelles canalisations ne suffira pas à résoudre les difficultés auxquelles les agriculteurs sont confrontés.

Il relève toutefois une mesure qu’il considère comme innovante : le développement de l’agroforesterie, accompagné d’une modification de la législation afin de permettre à la FAREI d’offrir un meilleur accompagnement technique aux producteurs.

Au-delà du secteur agricole, Amarjeet Beegoo s’est également exprimé sur la réforme de la pension. Il se dit soulagé que le gouvernement ait revu sa copie, estimant que de nombreux planteurs, dont les revenus fluctuent au gré des récoltes et des conditions climatiques, auraient risqué de se retrouver sans pension après une vie de travail.

Très critique envers la politique économique du gouvernement, il affirme que ce Budget « manque de vision et de compassion » et considère qu’il révèle les difficultés réelles de l’économie mauricienne. Il accuse également certains parlementaires de chercher à défendre coûte que coûte les choix gouvernementaux, au lieu d’apporter, selon lui, des réponses concrètes aux préoccupations de la population et du monde agricole.

 

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