April 27, 2026

Servir ou Partir : Le Dilemme des Lauréats

 

Servir ou Partir : Le Dilemme des Lauréats

par Arsh

16 fevrier 2026

Tout récemment, les collèges du pays et l’île Maurice tout entière ont eu le plaisir d’accueillir les nouveaux lauréats. L’émotion était bel et bien présente : les jeunes entourés de leurs proches, les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, les amis chantant à haute voix et mettant l’ambiance dans l’enceinte de l’école. Les journalistes qui entourent les lauréats pour les interviewer demandent de partager les astuces et les secrets de leur réussite. Ils posent aussi les questions incontournables qui suivent toute réussite aussi éclatante.

« Comptez-vous revenir servir votre pays après vos études à l’étranger ? »

Une question posée avec fierté, parfois avec insistance. Mais presque immédiatement, un doute traverse le regard, une hésitation s’installe dans la voix avec une réponse indécise. Servir le pays. L’expression est noble. Elle sonne bien. Elle touche au patriotisme. Mais servir dans quelles conditions ? Dans quel système ? Dans quelle réalité professionnelle ?

Là, ce sont des questions que nous nous posons tous au quotidien! L’avenir des jeunes à l’île Maurice? Est-il vraiment possible de le bâtir ici? Où devons-nous encore exporter nos rêves pour qu’ils aient une chance de grandir? Pour répondre honnêtement à cette question, il suffit de regarder les actualités des années passées et celles d’aujourd’hui. Chaque année, des centaines de jeunes diplômés quittent le pays non pas par manque d’amour pour leur terre natale mais plutôt par manque d’opportunités.

Pendant que nos jeunes apprennent à maîtriser l’intelligence artificielle, certains semblent encore coder les mêmes alliances familiales. Le népotisme n’est pas une perception, mais une réalité mauricienne. La fracture générationnelle ne se limite pas à une question d’âge. Elle est idéologique: d’un côté, une jeunesse connectée au monde, exigeante et ambitieuse; de l’autre, un système politique encore structuré selon la logique d’allégeance et de loyauté partisane.

Chaque année qui passe sans réforme, un quartier sombre dans l’ombre de la drogue, plus de talents s’exilent, et la jeunesse s’éteint dans l’indifférence. La drogue est le problème le plus persistent des dernières années. Les réseaux sociaux regorgent de vidéos montrant des jeunes de tous âges livrés à la merci des barons de la drogue. On en voit même dans des écoles, dans les lieux de travail, les places publiques et  presque à chaque coin de rue. Ce fléau est devenu presque quotidien, et les promesses d’autrefois semblent aujourd’hui irréelles. Je me souviens très bien, un ministre avait mentionné “Dans le futur on aura un gradué par maison. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse : “On a un drogué par maison !”

Les scandales politiques! Maurice est non loin d’un drame bollywoodien. Une série qui n’en finit jamais. Bientôt, 58 ans d’indépendance et les mêmes familles sont toujours à la tête du pays. Les Kadarshians à la Mauricienne. À Maurice, la politique est devenue un business familial, de père en fils, d’une génération à l’autre. Auparavant, les campagnes expliquaient à la population le manifeste pour un mandat de cinq ans. Aujourd’hui, tout tourne autour de petits copains et promesses en compétition,  et nous, le peuple, y croyons encore. Le népotisme, la récompense de la loyauté partisane, la passation de pouvoir de père en fils… une logique héritée d’un autre temps, démodée et totalement opposée à la philosophie de la génération Z. Les jeunes ne fuient pas leur pays. Ils fuient les espaces où ils ne se sentent ni écoutés ni valorisés.

Le CHANGEMENT! NON!… Mais OUI à la LIBÉRATION!

*Une libération d’un mode de gouvernance dépassé.
*Une libération de réformes de façade et des décisions imposées sans consultations.
*Une libération du népotisme déguisé en loyauté.
*Une libération du coût de la vie qui étouffe les ambitions.
*Une libération qui permet enfin à une nouvelle génération d’émerger, non pas en silence, mais        en leadership.

Cette Libération ne viendra pas d’un slogan. Elle viendra d’une jeunesse organisée, structurée, prête à transformer l’indignation en action. Ce n’est plus une option. C’est une responsabilité. Et la nouvelle génération devra décider si elle accepte de subir… ou de bâtir.

Je vous repose la question!

« Comptez-vous revenir servir votre pays après vos études à l’étranger ? »

 

 

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